LA CITATION

LA VRAIE EMOTION, CE SONT LES JEUX, PAS LES MONDIAUX. IL Y A GRAND ET TRES GRAND…

L’Equipe du 4 août 2005

Cette déclaration est signée de l’auteur du plus beau palmarès olympique français en athlétisme, ce qui lui vaut de figurer dans « les Géants d’Olympie ».

La raison ? Trois victoires sur la piste olympique. Ce palmarès place son auteur dans la foulée antique de Pantakles d’Athenes. Ce coureur à pied fut le premier athlète grec à remporter deux victoires sur le stadion (le 200 mètres d’aujourd’hui) et à doubler stadion et diaulos (200 et 400) aux mêmes Jeux de – 692.

Autres temps, autres mœurs ! Notre gloire nationale qui s’est illustrée dans les plus grandes compétitions internationales n’est pas un athlète au masculin comme ses glorieux ancêtres d’Olympie. Mais le palmarès de cette championne dépasse les questions de sexe. Qu’on en juge !

Elle a apporté à la France deux médailles d’or aux championnats du monde de 1991 et 1995 sur 400 mètres.

C’est grand !

Mais elle a aussi et surtout remporté trois victoires olympiques sur 200 et 400 mètres en 1992 (médaille d’or sur 200) et en 1996 (médaille d’or sur 200 et 400).

Et ça, c’est très grand !

Pour avoir gagné sur la piste olympique l’équivalent du stadion et du diaulos antiques, notre unique représentante française dans cet ouvrage gagne une place qui n’est pas usurpée aux côtés de Géants comme Milon de Crotone ou Léonidas de Rhodes pour les Jeux d’Olympie et de Paavo Nurmi ou Carl Lewis pour les Jeux Olympiques. Elle rejoint les rangs des olympionikes, les vainqueurs d’Olympie.

Elle aurait pu rejoindre aussi les rangs des périodonikes, les vainqueurs des quatre grands Jeux (par ordre d’importance Olympie, Delphes, puis Némée et Corinthe) pour ses victoires supplémentaires lors des grands rendez-vous européens ou internationaux.

Et dans ce monde d’hommes, elle reprend en outre le flambeau de Cynisca de Sparte et de Belistiche de Macédoine. Tout un symbole ! Ces deux femmes l’ont précédée au palmarès, non pas pour les compétitions athlétiques sur le stade réservées exclusivement aux hommes, mais pour les victoires de leurs chars sur l’hippodrome. Elles sont les exceptions à la règle qui voulait qu’à Olympie, il n’y en ait que pour les hellènes, pas pour les Hélènes.

Celle qui fait entrer la France dans la légende des Géants d’Olympie grâce à ses couronnes aux Mondiaux et aux Jeux s’appelle - vous l’aviez reconnue, Marie-Jo Pérec.

Comme ses grands ancêtres, elle a fait la course en fête.

Comme ses grands ancêtres, elle a fait la course en tête.