- 388 (98e Jeux) : TRICHERIE AU PUGILAT

EUPOLIS DE THESSALIE A L'AMENDE



En - 388, l’idéal olympique existe-t’il toujours ? On peut légitimement se poser la question en cette 98e édition des Jeux.

L’âge d’or des héros légendaires courant ou combattant pour leur cité semble avoir disparu.

Les athlètes sont devenus des mercenaires qui, comme Astylos de Crotone un siècle plus tôt, se vendent aux plus offrants, passant allègrement de Crotone à Syracuse en échande de primes pour le moins alléchantes.

Subornation d'adversaires

Les sportifs ne sont plus, comme autrefois, des aristocrates désœuvrés qui se battent pour l’honneur, mais des professionnels qui sont peut-être déjà victimes de la pression du résultat qu’ils doivent à leur cité ou à leur mécène.

Toujours est-il qu’en cette avant-veille du centenaire des Jeux (la centième édition se tiendra deux olympiades plus tard en l’an 380 avant Jésus-Christ), le boxeur Eupolis de Thessalie décide d’acheter trois adversaires dont Phormion d’Halicarnasse, déjà vainqueur en - 392 au pugilat.

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L'EPIQUE
 - 388
Eupolis achète sa victoire

        

Le témoignage de Pausanias

« Eupolis de Thessalie corrompit avec de l’argent ses adversaires au pugilat, à savoir Agétor l’Arcadien, Prytanès de Cysique et Phormion d’Halicarnasse qui avait remporté le prix en la précédente olympiade. C’est là, dit-on, le premier délit que des athlètes aient commis dans les Jeux »
            
Le tour de la Grèce, L’Elide, V,21

Jeux d'écriture:
Descente d’Eupolis

Eupolis n’est pas resté longtemps un héros olympique. Même si son nom figure sur les tablettes et même s’il a une statue à Olympie, il aurait sans doute préféré qu’on l’oublie un peu.

Au lieu de consacrer sa gloire, l’histoire ne retient que la déchéance du pugiliste critiqué par tous. Les Jeux, au lieu de célébrer une montée du boxeur vers l’Olympe, n’ont retenu que la descente d’Eupolis.

Ses adversaires ont trop vite cédé à ses avances, craignant sans doute d’avoir l’Eupolis aux fesses. Ils ont été condamnés eux aussi.

Déchu pour subornation de boxeurs, il a voulu acheter une victoire sans même la payer. C’en était trop pour les juges qui l’ont condamné, lui et ses complices, en prenant cette lourde décision sous leur bonnet.

Eupolis, Agétor, Prytanès et Phormion : Ils ont été quatre à porter le chapeau et voir leur statue aller au coin de l’Altis.

Eupolis, Agétor, Prytanès et Phormion : Ils ont été quatre à être condamnés.

Condamnés à faire les zanes…