- 448 (83e Jeux) : ET MOURIR DE PLAISIR

DIAGORAS TOMBE AU CHAMP D'HONNEUR



Aux Jeux de - 448, DIAGORAS, le héros légendaire de Rhodes et de tous les Grecs, fut envahi, une fois encore de bonheur. Seize ans après sa couronne olympique, ses deux fils, Damagetos et Akousileos, lui avaient fait le plus beau des cadeaux : une victoire au pancrace pour le premier, une victoire au pugilat pour le second.

Que peut-on offrir de plus à un père déjà couronné à Olympie qu’une double victoire de ses deux fils sur le site même de ses propres exploits ? C’est ce qui est, pourtant, arrivé à un Diagoras sans doute presque quinquagénaire.

L’idole de tout un peuple avait assisté en connaisseur aux victoires de ses deux fils, assis sur le talus bordant la fosse creusée pour les combats. Un bonheur ne venant jamais seul, à l’issue des combats, Damagetos et Akousileos se sont spontanément dirigés vers leur père pour le remercier et le célébrer.

La mort du héros

Tétanisé par l’émotion, il se laissa porter en triomphe sous les acclamations des 40.000 spectateurs enthousiasmés de vivre un moment aussi inoubliable.

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L'EPIQUE
-448
Diagoras: la mort à Olympie


LE CIRQUE PINDARE

Dans l’Olympique 7, après avoir chanté Rhodes et Diagoras, Pindare concluait sur la fragilité du destin humain :

«Ta patrie, ô Diagoras, célèbre aujourd’hui par ses pompes, la prospérité présente, mais hélas ! le souffle inconstant de la fortune ne peut-il pas nous rendre en un instant le jouet de ses caprices? »

Exercices de stèle :
Les précédents à Olympie

Bien avant Diagoras de Rhodes, deux des sept sages de la Grèce antique sont morts à Olympie.

Thales de Milet a, dit-on, été victime de la canicule des Jeux de  - 584. Le premier grand scientifique n’a pas su appliquer en cette occasion le théorème du coup de chaleur, ce qui n’a pas empêché ses contemporains de lui graver cet hommage posthume :

«Cette tombe est sans doute petite, mais sa gloire atteint les cieux. »

Chilon de Sparte, quant à lui, est mort d’émotion aux Jeux de - 556 en embrassant son fils vainqueur. Il eut droit, lui aussi, à cette inscription sur sa tombe :

«Puissions-nous, nous aussi, connaître une telle mort !»

Si tel avait été le vœu de Diagoras de Rhodes, il a été exaucé. Un siècle plus tard, comme Thales et Chilon avant lui, le grand pugiliste a rejoint dans la mort deux des sept sages de l’Antiquité…

En marge :
Les sept sages de la Grèce

- Thales de Milet
- Pittacos de Mytilene
- Solon l’Athénien
- Bias de Priène
- Cleobule de Rhodes
- Périandre de Corinthe
- Chilon le lacedemonien