A PROPOS DES TABLES



En ce qui concerne les tables olympiques qui n’existent pas en français, tout n’est pas à prendre au pied de la lettre. L’usure du temps, les recoupements et les déchiffrages approximatifs, la transmission et la véracité des sources laissent parfois la place au doute. Un doute bien légitime pour un passé si lointain !

Quelques exemples :

Sur les 10 victoires d’Herodoros signalées par tous les historiens d’Olympie, la dixième en - 292 n’apparaît pas sur les tables.

En - 212, elles signalent la victoire de Capros soit au pancrace soit à la lutte alors que tout le monde s’accorde à penser qu’il a remporté les deux

En 81 et 89, Hermogène est signalé vainqueur soit au diaulos soit à la course en armes alors que l’histoire lui attribue à chaque fois une victoire dans les deux disciplines, ce qui lui permet au final d’atteindre le chiffre de huit couronnes en trois éditions. Huit ou six couronnes, telle est la question !

Les victoires par subornation de Néron sont inscrites en 65 alors qu’il est acquis qu’il les a emportées en 67 en ayant fait avancer de deux ans les Jeux de 69. La question qui reste posée est celle-ci : Y a-t-il eu d’autres Jeux en 69 après ceux de 67. Il serait logique de penser que non. Dans ce cas, il faut placer le « triaste » magique de Politès en 67 et non en 69, option que j’ai privilégiée.

Il n’y a pas que la véracité des dates. Il reste de nombreux flous olympiques sur la nature exacte des épreuves, les modalités des qualifications pour la finale, la désignation du vainqueur au pentathlon et la nature des sauts dans cette même discipline : saut simple, triple saut ou même quintuple saut comme l’affirment certains.

Malgré les divergences d’analyses et d’interprétation, on ne peut que laisser aux épreuves antiques leur part de doute que le riche passé d’Olympie révèlera peut-être un jour.

Tout en préservant l’esprit olympique, il valait mieux laisser à certains champions le bénéfice du doute...

Mais, fort heureusement, les tables olympiques sont parvenues jusqu’à nous et, même en anglais, elles sont plus que précieuses. Elles sont indispensables.

Malgré les nombreux disparus du palmarès, malgré les oubliés des olympiades non gravées dans la pierre et malgré les doutes, il n’était surtout pas question de faire fi du passé.

Il n’était pas question de faire tables rases.